Expositions réalisées

A l’ombre des galeries (film)

Ce documentaire propose une pérégrination interrogative entre les murs de Paris, les photos, voire quelques images filmées par les artistes ainsi que leurs témoignages, cela pour constater comment la ville et les artistes échangent, et que se passe-t-il en dehors des galeries ?

La compréhension transversale sera donnée par Alain Milon, sociologue spécialiste des expressions murales, car la rue est un espace public et que la manière de l’occuper varie selon les époques et les contextes. Les oeuvres ou les actions des artistes peuvent aussi constituer des témoignages très « vivants » et aptes à nous révéler des aspects inédits des sociétés qui les ont produites.

À l’ombre des galeries est une allégorie pour signifier le territoire occupé par les artistes en dehors des galeries. Ce territoire est urbain et espace public, les galeries étant en général citadines.

Alberti considérait le tableau comme « une fenêtre sur le monde ». Les artistes, qui se servent de la rue comme lieu de visibilité et d’exposition de leurs oeuvres, verraient-ils le monde, en l’occurrence, la ville et la rue, comme une fenêtre sur l’art ?

Ou serait-ce une manière de renouer avec l’art de la fresque fondue dans la pierre ; de creuser son sillon, comme le laisse entendre l’origine du mot rue. Mais se confronter à la rue c’est aussi travailler sur les murs, protégés par loi, mais aussi les trottoirs et le macadam, îlots de liberté car les décrets et lois n’y posent pas les mêmes interdits.

Ce documentaire a la vocation de montrer que ces oeuvres exposées dans la rue ont souvent une signification sociologique et transforment l’espace urbain, au moins pour un temps, car tout disparaît très vite, sauf exception, comme certains bonhommes blancs de J. Mesnager.

Tous ces artistes, tous ces activistes livrent des oeuvres vouées à la destruction, à l’effacement, au nettoyage.

Cette relation à la destruction sera explorée dans ce documentaire, d’autant que leur mode de communication est le fruit d’une époque qui trouve normal d’exposer ce qui était hier caché, préservé dans des lieux clos.

La rue semble devenir une vitrine. Les musées organisent des rencontres hors les murs. Dans le métro, la station Assemblée Nationale fait peau neuve tous les mois en accueillant les sérigraphies de Jean Charles Blais.

C’est autour de leurs interventions urbaines, clandestines ou légalisées, de leurs démarches personnelles que nous approcherons ces artistes. Habituellement ils créent pour figer ou pour exposer une oeuvre dans la rue. Certains prennent ce risque pour les offrir aux passants, à la ville. Et cela en dépit du temps de préparation que cela ait pu nécessiter en atelier !

C’est de cette attitude extravertie que nous remonterons vers des choses plus intimes, leurs univers personnels, engagements, points de vue sur le monde, techniques et styles ou encore réflexions. C’est le moment d’une rencontre pour le spectateur avec l’artiste, une autre manière de voir ce qu’il peut côtoyer, de les entendre et d’envisager la transition « d’objet », et encore pire d’objet de rue, qui ne porte aucune connotation positive, à « oeuvre artistique ». Acquisition de statut qui passe très souvent par les galeries, outre le complexe marché de l’art.

La raison de ce documentaire est de sortir ces artistes de l’ombre pour un public plus large, de montrer que ces artistes, que certains considèrent de proximité, ont une vraie influence sur la vie de la ville. C’est aussi l’occasion de garder une trace de ce qui, souvent, est voué à la transformation ou à la disparition et de le situer dans la compréhension de l’évolution de la ville.

Les artistes dialoguent avec la ville, avec nous et entre eux. La ville les inspire, leurs propres oeuvres aussi peuvent être leurs muses c’est alors qu’ils se les couvrent mutuellement, de sorte qu’elle vivent, évoluent et disparaissent..., à l’ombre des galeries.


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